Pâques au balcon, Noël dans les magasins

Publié le par Pétronille

L'année dernière, quand j'avais encore le temps de muser dans les boutiques de mon quartier, j'avais pris pour vous, lecteurs, cette photo édifiante :




Nous étions alors, notez bien la date, je vous prie, le 26 août. 
Et votre esprit d'analyse tout en finesse vous fait bien sûr comprendre où je veux en venir si subtilement : jusqu'à preuve du contraire, Halloween et sa ribambelle de gamins chargés d'oeufs pourris, c'est le 31 octobre.
Fin août, si je ne m'abuse, c'est encore les vacances d'été, la période de grâce où les moustiques entreprennent de vous faire tripler de volume le temps d'une nuit sous la tente, l'époque bénie où vos voisins grillent des saucisses sur leur barbecue géant dont la fumée pénètre gaillardement dans votre chambre à coucher, le doux moment où on bouquine au soleil dans un parc, à l'ombre des hommes en slip (oui, je vous en parlerai une autre fois, car il ne faut pas tout mélanger), le temps délicieux où les boutiques poussent la clim' à fond histoire de vous refiler l'air de rien une gentille pneumonie. C'est le temps des robes d'été (et des micro shorts, en ce qui concerne les Québécoises - ces garces aux cuisses honteusement musclées, dont je reparlerai aussi), des lunettes de soleil qui vous font une tête de mouche, du vernis à ongles qui vous fait le pied coquin (en plus d'être menu) en s'affichant dans des sandales... bref, il fait chaud (trèèès chaud), et octobre, c'est loin.

Et bien je serai tentée de vous répondre ceci : "oh que non !"

Ici, en août, on achète son déguisement de sorcière et sa citrouille . De toute façon, les boutiques ont cessé de vendre des vêtements d'été dès la mi-juillet donc si vous comptiez vous payer un nouveau maillot de bain en été, il ne vous reste plus qu'à le coudre vous-même à partir d'une cape de vampire ou d'un costume de fantôme. Quant à votre déguisement d'Halloween, vous seriez bien avisés d'y penser dès les premières vagues de canicule, car à partir de septembre, ce sont les guirlandes et les boules de Noël qui se répandent dans les rayons des magasins. Je me suis souvent plainte qu'en France les chocolats de Noël peuplaient les rayons et mes fantasmes dès novembre, mais je crois qu'au Québec, on bat les records de saisons qui s'entremêlent. Il vous faut prévoir deux mois à l'avance ce dont vous aurez potentiellement besoin à la saison suivante. Si vous oubliez votre écharpe ("foulard") dans le bus ("autobus") en janvier, vous devrez la remplacer par une couche de plusieurs paréos que vous trouverez aisément dans n'importe quelle boutique de vêtements en ville. Si des amis vous invitent à faire de la raquette avec eux dans un bois enneigé mais que vous ne voulez pas abîmer vos bottes de cuir, je vous souhaite bon courage pour dénicher une paire de godillots fourrés. Si vous envisagez d'acheter une doudoune pour le 1er hiver de votre bébé, c'est dès aujourd'hui, oui, en juin, que vous pourrez la trouver dans les rayons des magasins - n'attendez pas novembre ou vous devrez transporter votre héritier bien-aimé dans la capuche de votre propre manteau.

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Kolomar 13/12/2011 21:10

Chère Pétronille,

La lecture de vos billets pétillants me manque. J’espère que tout va bien...

Au plaisir de vous lire à nouveau.

Kolomar 30/06/2011 22:55


Que dis-je, des tracts ? De véritables magazines, oui !


Kolomar 30/06/2011 22:51


J'ai justement pensé à vous, la semaine dernière. Figurez- vous qu'à Bordeaux la FNAC distribuait, à grand renfort de déforestation Amazonienne, ses premiers tracts consacrés au matériel de
rentrée. Avant même les vacances, donc. Il n'y a plus de jeunesse...


Pétronille 18/07/2011 17:30



À qui le dites-vous !



Lily 24/06/2011 19:37


Mais bon, à force de décaler, ils vont se retrouver avec une avance d'un an, et donc revenir au point de départ à un moment, non ? :-)... Non ? :-(


Pétronille 28/06/2011 22:05



pas bête, je n'y avais pas pensé... en attendant il fait 35 degrés et il y a des manteaux dans les vitrines, dyr dur...