Let it snow, let it snow, let it snow

Publié le par Pétronille

Lecteurs de mon coeur,

Vous me pardonnerez bien volontiers, j'en suis sûre, mes rares apparitions sur ce blog, car vous savez, j'en suis sûre également, que l'immigration est un processus long et complexe qui consiste à s'intégrer à la société qui vous accueille si chaleureusement en son sein (expression qui signifie ici qu'il y a plein plein plein de choses à régler quand on n'est pas là depuis longtemps, tant dans le pays d'accueil lui-même que dans la mère patrie - ah ah - et croyez moi, dénicher des bottes d'hiver résistantes et pas trop chères est un combat de tous les instants).

Le temps me manque, la plupart du temps, pour écrire ici, au point que j'envisage de mettre à profit les très nombreuses pauses publicitaires que nous infligent les chaînes américaines pour tenir un peu ce blog à jour.

Toutefois aujourd'hui étant un jour à marquer d'une pierre blanche - comme celui où je n'ai trouvé aucune faute d'orthographe dans la dissertation d'un étudiant (en l'occurrence, c'était une étudiante), celui où j'ai déniché une vieille édition de Shakespeare dans les livres de ma maman, celui où Jean Sarkozy a enfin fait ratiboiser son semblant de brushing (car je fais une petite fixation sur les gens mal coiffés qui nous imposent leurs dérives capillaires dans les média, rien de grave, vraiment, ça ne m'handicape pas au quotidien, mais tout de même je respire mieux depuis qu'il ne nous inflige plus sa mini-vague à tout bout de champ), celui où j'ai momentanément renoncé à l'alcool, celui où j'ai déniché un boucher qui fait du jambon blanc près de chez moi, celui où...

Bref, toutefois, disais-je, ce jour étant à marquer d'une pierre blanche, je renonce pour quelques minutes à mon travail pourtant palpitant à base de tableaux du XVIIe siècle hollandais pour vous annoncer une nouvelle qui devrait vous attrister (si vous êtes compatissants de nature), vous réjouir (si vous êtes actuellement en train de siroter un Porto dans votre jardin ensoleillé) ou vous rendre nostalgique (si vous êtes un Québécois exilé en France ou ailleurs).

Car, et je ne vous fais pas languir plus longtemps, lecteurs, figurez-vous qu'à l'heure où je vous écris, je me trouve confortablement installée dans mon canapé face à ma fenêtre et je ne peux que constater que mes yeux, une fois encore, ne me trahissent pas : il neige.

Oui, oui, vous avez bien lu de vos yeux ébahis, pour ne pas dire ébaubis : il neige.

Je répète encore, pas tant pour vous en convaincre que pour me convaincre, moi : IL NEIGE.

C'est ma 1e neige québécoise, je suis donc tenue de faire un voeu, je suppose.  

Pourtant, au mois d'octobre, ça fait bizarre, quand même, je vous l'avoue sans honte. 
Tout soudain il devient urgent d'arpenter les boutiques montréalaises à fort potentiel de Joe Dassin en fond sonore (hé oui) pour trouver des chaussures adéquates (car la Pétronille que je suis a dû faire des choix au moment de faire ses valises pour le Québec, et a laissé ses chaussures d'hiver en France pensant - à tort - qu'elle en trouverait de moins chères ici).

Tout soudain il devient nécessaire de se procurer une écharpe dans une boutique où le chauffage est poussé à fond, tant et si bien qu'on finit par se balader là-dedans en t-shirt et qu'essayer une écharpe risque de provoquer moult malaises et évanouissements dus à la chaleur.

Tout soudain, il serait bon que je file au Dollarama le plus proche (merveilleux magasin où tout coûte un dollar et où vous pouvez tout acheter, du tournevis cruciforme à la carte de voeux en passant par les décos de Noël, les tests de grossesse, les balais, les bonbons, les répulsifs à moustiques et j'en passe) histoire d'avoir au moins une paire de gants pour protéger mes doigts qui constituent tout de même un outil de travail fort utile et sont indispensables pour plier convenablement une papillote autour d'un filet de poisson.

Tout soudain, j'ai Bing Crosby dans la tête et d'autres hallucinations auditives (j'entendrais presque les clochettes du traîneau du Père Noël, ce qui ne m'était plus arrivé depuis 1982).

Voilà, lecteurs, la nouvelle du jour. 
Peut-être alimentera-t-elle vos conversations lors de la pause de 11 heures - "nous plaignons pas, paraît qu'il neige à Montréal" - qui sait ?

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trappeuse 24/10/2009 13:29


Pour les bottes, je vous conseille les "hug" que vous trouverez chez Yellow, a cent dollars environ, confortables, chaudes, non glissantes et tres a la mode (mais je doute que ce dernier argument
soit determinant a vos yeux).

Et merci pour vos tests produits !


Pétronille 02/11/2009 00:18



Ah merci, chère trappeuse, de vos conseils avisés. En fait je viens tout juste de trouver mon bonheur, de belles bottes toutes fourrées en mouton, j'ai presque envie
de dormir avec tellement elles sont confortables !



Frédérique M 24/10/2009 00:57


Quoi ? On parle ici de l'Auvergne, mon pays d'origine, où il neige plus souvent qu'ailleurs - un petit canada en somme. Et un rapatriement d'urgence Pétronille, ne me dites pas que vous ne l'avez
pas envisagé...


Pétronille 24/10/2009 02:28



Ah mais je manque à tous mes devoirs, laissez-moi faire les présentations : Mère Castor, Frédérique. Frédérique, Mère Castor.


Quant au rapatriement, je n'en suis pas encore là. J'aime bien me plaindre, ça fait partie de mon charme (si si), mais la vie au Québec a plein de bons côtés et au
moins cette année j'aurai un Noël blanc.



Yanka 23/10/2009 16:09


Ne dites plus... mais dites :

Pour « écharpe » > « foulard »
Pour « gants » > « mitaines »
Pour « bonnet » > « tuque »

Sinon vous passerez pour une maudite Française.

Je m'étonne de ce que vous dites sur la difficulté de trouver de bonnes chaussures à prix acceptables. Pour le reste, pensez aux couches de vêtements plutôt qu'à un seul gros pull (chandail) par
exemple. C'est crucial si vous ambitionnez de vous rendre en mai. Et songez à protéger vos petites oreilles, si vous voulez retourner un jour en France avec elles.

De la neige le 22 octobre, c'est une première pour moi aussi (je commence mon cinquième hiver).

Bon hiver ! Bonne marde blanche et bon pelletage !


Pétronille 23/10/2009 18:44



Oui, vous avez raison, merci de me rappeler à l'ordre. La "tuque" me vient assez naturellement mais j'ai encore du mal à dire "foulard" et "mitaines"
spontanément.


Merci pour vos conseils vestimentaires, je prends note de la nécessité d'employer la "technique de l'oignon", après tout c'est déjà celle qu'on utilisait au Moyen
Age. De toute façon il fait si chaud dans le métro et dans les intérieurs en général qu'on a tout intérêt à pouvoir enlever quelques couches rapidement.



la Mère Castor 23/10/2009 11:23


Pour l'écharpe, mettez-vous au tricot, chère Pétronille, pour les bottes, à la chasse au phoque.
Mère Castor, qui a du Québec une vision lointaine et folklorique, vu qu'elle ne sort de son village que pour aller en Auvergne, où les petites dames qui gardent les biquettes pratiquent volontiers
le tricot, histoire ne pas rester sans rien faire.


Pétronille 23/10/2009 18:39



Pour la chasse aux phoques, j'hésite encore, chère Mère Castor, mais le tricot c'est dans mes cordes. J'envisage d'ailleurs le stade supérieur pour me tricoter aussi
des pulls et des chaussettes.



Catherine Goux 23/10/2009 10:08


Ah, la première neige, quelle joie et quelle merveille ! Peut-être aurez-vous la chance d'avoir un été indien. Un vrai. Pas comme celui que ces imbéciles de présentateurs de la météo française nous
annoncent 12 fois pendant l'hiver sans savoir. Ils m'énervent, mais ils m'énervent... L'été indien, donc, quand il a gelé et neigé peut arriver soudainement et pendant quelques jours il fait très
chaud. Ne rangez pas vos petites robes d'été, il peut faire 18/20°. En attendant, bon magasinage.


Pétronille 23/10/2009 18:37



J'avais remarqué que l'année dernière, les températures étaient remontées d'un coup le temps d'une semaine, j'espère que cela va se reproduire cette année. L'été
indien, c'est le fantasme de tout Français qui s'installe ici (je garde mes petites robes en réserve).