Halte à la violence et au sexe à la télévision

Publié le par Pétronille

Hier soir, lovée sur son canapé (ah je répète le mot tellement c'est bon d'en avoir un : canapé - presque aussi délicieux que d'écrire baignoire), picorant négligemment dans le plat d'asperges, Pétronille décide de délaisser quelque temps ses dossiers pour allumer la télévision.

Oui, la télévision, cette boîte noire trônant dans l'appartement, celle-là même qui peut ouvrir sur le monde par le biais de 999 chaînes dont la moitié sont payantes, une dizaine sont en chinois, une trentaine présentent des talk-shows américains avec présentatrices sur-brushinguées, grandes dents chevalines et robes à paillettes, et 99% diffusent toutes les 10 minutes un enchaînement de publicités et de télé-achat d'un goût exquis. Plongée dans un film dramatique à fort potentiel de non-dits et de regards entendus (un film français, donc) ou dans un téléfilm romantique à haute teneur en déclarations enflammées et conditions hivernales difficiles (québécois, donc), vous vous trouvez soudain (et sans prévenir) face à un vendeur vous promettant un bonheur infini grâce à l'utilisation quotidienne du coupeur de légumes magique ou d'une serpillère ultra-absorbante. Ca, c'est si vous avez de la chance... les malchanceux, eux, sont plutôt interrompus par des publicités décrivant les ravages de l'hépatite, proposant un gros plan sur un mouchoir usagé avec le mot "mucus" clignotant à l'écran, ou des témoignages pathétiques de personnes atteintes de "feux sauvages" (boutons de fièvre, donc).

Bref.
Malgré tout cela, mue par un besoin de se changer les idées, Pétronille allume la télévision.
C'est la fin de la pub. 
Chouette.
Un nouveau film s'apprête à commencer. 
Mais un écran violet affiche un avertissement terrible : attention, ce téléfilm contient des scènes de VIOLENCE, de NUDITE, et recourt à un LANGAGE GROSSIER.

S'attendant au pire mais connue pour ne jamais renoncer face à l'adversité, Pétronille décide de braver la perspective de l'hémoglobine coulant à flots et des scènes de sexe humides et torrides. C'est pas si souvent qu'elle regarde la télévision, après tout.
Débute alors le film qui n'est autre que... 27 robes.
27 robes, en référence aux 27 robes de demoiselle d'honneur qu'a dû endosser l'héroïne qui ne rêve que du jour où, à son tour, elle sera menée à l'autel par son prince charmant. Un film qui pourrait passer sur M6 à 13h30 en France, mais qui est diffusé à 22h au Québec.

Toujours prête à mener des investigations poussées pour l'édification de ses lecteurs, Pétronille a regardé le film jusqu'au bout, afin de débusquer les scènes de nudité et de violence. Je suis fière de pouvoir affirmer que je les ai trouvées, et qu'il est heureux que les enfants québécois soient préservés de ces vulgarités.

Ainsi, au début du film, l'héroïne doit assister à deux mariages dans la même journée. Aussi se voit-elle dans l'obligation de se changer rapidement à l'arrière d'un taxi. C'est alors que l'on voit apparaître dans un amas de froufrous, sous nos yeux horrifiés par tant de dépravation, une épaule nue. Oui, nue.

La violence, quant à elle, est insoutenable : le prince charmant susnommé (identifiable à ses fortes mâchoires carrées) est en fait un journaliste qui a rédigé en douce un article sur les déboires sentimentaux de l'héroïne : se sentant justement trahie par tant de duplicité, cette dernière, dans un accès de rage et au milieu de sanglots qui ne gâchent en rien son maquillage waterproof, gifle le malotru. Oui, une gifle.
 
Heureusement qu'aucun enfant ne traînait à proximité (et pourtant Dieu sait que les enfants aiment les asperges)... Pétronille elle-même, qui n'est pourtant guère impressionnable, a eu du mal à s'endormir après cette débauche de scènes insupportables, et je vous épargne le langage grossier, je rougirais de le rapporter dans ce blog à la moralité irréprochable.

Pour ceux qui ont le coeur bien accroché, je laisse ici une photo extraite du film, pour que vous puissiez juger à votre tour des dangers auxquels sont exposés les téléspectateurs en Amérique. Attention, une épaule nue s'est glissée sur cette image, éloignez les enfants je vous en prie. 

27 Dresses wallpaper-3-1280 

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Raphaël 11/11/2010 11:30


Bonjour,

je suis tombé sur votre blog par hasard en suivant des liens et je me régale depuis 1/2h. Un grand bravo pour votre style d'écriture qui à force de me faire rire finira sans doute par donner des
crampes aux joues. Ayant aussi vécu au Québec, j'apprécie d'autant plus. Bref, en 2 mots, super sympa.

Raph


Jack 29/04/2010 19:03


Bonjour,

on sent son européenne quand même.
Hormis son stoïcisme face au stupre et la fornication caractéristiques des films américains (la pointe d'un sein ne l'a fait même pas baisser les yeux), le mot canapé fait encore partie de son
vocabulaire, en lieu et place de sofa ou divan d'usage courant dans cette partie du monde.


alix/clo 07/04/2010 15:21


Le pire c'est qu'au téléjournal souvent ya bien plus gore et ça passe à 18H heure de grande écoute icitte!!!


Pétronille 07/04/2010 17:59



Mais heureusement le téléjournal est entrecoupé de publicités : quelques réclames pour le fromage liquide atténuent l'horreur des nouvelles...



Didier Goux 17/03/2010 15:50


Ça y est, j'ai trouvé ! (Mais, là, chuis au bureau...)


Didier Goux 17/03/2010 15:43


Ygor, vous me faites envie, avec votre Laflaque ! Vous croyez que c'est disponible sur le net ?