Et pendant ce temps-là, en France...

Publié le par Pétronille

Bon alors, c'est pas le tout de critiquer la nourriture des supermarchés québécois, si on parlait de la France, un petit peu, pour changer ?

Car voyez-vous, lecteurs, tandis que je creuse tranquillement mais sûrement mon trou au Québec, la France se rappelle aujourd'hui à mon bon souvenir par l'inertie administrative dont elle sait si bien faire preuve. Tandis qu'à Montréal, tout le monde est disponible et prêt à se mettre en quatre pour vous aider, les administrations françaises, elles, se remettent doucement des vacances. On n'est jamais que le 1er octobre, n'est-ce pas, il faut le temps que tout se remette gentiment en place après ces mois d'interruption et de Paris-plage.

Je ne sais par qui commencer pour égrener devant vous le chapelet de mes doléances administratives. Le Rectorat, peut-être ? Car, oyez, oyez, lecteurs : le monsieur qui gérait mon dossier ayant mystérieusement disparu (retraite ? démission ? envol pour les Iles Caïman avec un nouveau passeport et une blonde à faux seins - oui, les clichés ont la vie dure... - ? mystère, on vous dit...), il n'a pas été remplacé. Aussi personne n'a accès à mon dossier pour l'instant (pourquoi ? A-t-il avalé la clé du tiroir dans un accès de rage ? Fait sauter son disque dur ? nul ne le sait). Pour compléter le tout, ce vilain égoïste ayant laissé derrière lui des collègues qui se trouvent par conséquent surchargées, ces dernières n'acceptent de répondre au téléphone qu'entre 9 et 10h (soit de 3 à 4h du matin pour moi : pratique, donc. Ce qui explique mon air vaguement hagard, mon teint tirant vers l'asperge et ma propension actuelle à me ronger les ongles compulsivement).

Evoquons à présent les services administratifs de l'Université où j'enseignai magistralement à des étudiants fort sympathiques bien que nuls en orthographe (souvenons-nous avec recueillement de cette chère
Lady de Nantes - je ne m'en suis toujours pas remise). Là, c'est encore plus simple : pour cause de problème de fils électriques, la ligne de téléphone est tout bonnement coupée, et les messageries sur Internet ne fonctionnent plus. Voilà l'Université coupée du monde en plein boum de la rentrée scolaire. Ne pas espérer obtenir le moindre papier important avant le mois de décembre, donc, si tout va bien, à moins que la ministre de l'Enseignement Supérieur ait fait raser les Universités d'ici là, ce qui reste du domaine du plausible, ou que tous les docteurs inscrits au Pôle-Emploi (nouveau nom poétique de la fusion ANPE-Assédic et du merdier qui s'en est ensuivi) se soient enfin rebellés contre cette usine à fabriquer des chômeurs trentenaires, ce qui reste plus improbable.

(mais ceci est une parenthèse)

Finissons sur une note plus gaie (ah ah) et signalons que les Impôts me réclament allègrement et sans se lasser des sommes que j'ai déjà vaillamment payées avant de partir [conseil d'amie pour les futurs émigrants: ne réglez
pas la totalité de vos impôts avant de vous envoler pour le Québec ou ailleurs, à moins de disposer, comme moi, d'une mère qui présente toutes les prédispositions à la sainteté et a d'ores et déjà gagné son paradis, laquelle prendra sur elle de tout gérer pour vous sur place]. 

Voyez, lecteurs compatissants, dans quelle mélasse administrative je me débats. Et je supporte tout cela stoïquement, sans même avoir recours au traditionnel verre de Porto consolateur (trop cher). C'est dire si je suis un être courageux et admirable (convenons-en bien volontiers).

Par comparaison, aujourd'hui, j'ai essayé de joindre mon assurance santé à Montréal. Un message m'informa évidemment que "tous les correspondants étant en ligne", j'allais devoir patienter. Habituée à ce genre de chose, et m'attendant à me bouffer trois heures de violons insupportables à me faire perdre l'usage de l'oreille droite, je m'apprêtai donc à m'installer confortablement et à entamer tranquillement un Melville. Mais, efficacité québécoise oblige, deux secondes s'étaient à peine écoulées qu'une chaude voix à la Barry White me demandait en quoi elle pouvait m'aider, ajoutant un "comment allez-vous aujourd'hui Melle Pétronille ?" des plus charmants, et réglant mon problème en moins de temps qu'il n'en faut pour lire "Call me Ishmael".

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Frédérique M 03/10/2009 00:09


Et l'Urssaf, vous ne vus êtes pas coltiné l'Urssaf ? Que c'est dommage, cela vous manque. Je vais les appeler pour leur sigbaler cet oubli malencontreux.


Pétronille 04/10/2009 04:42



Dites donc, vous êtes de quel côté, hum ?



job 02/10/2009 13:43


À propos de Pôle emploi, docteurs ou pas il y a effectivement une campagne en cours contre cette machine à précariser voir par exemple

Enrayons la machine à précariser, mettons en crise Pôle emploi
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4458


Pour un mouvement des chômeurs et précaires à Rennes et ailleurs
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4603