Découvrons ensemble les joies fromagères en supermarché

Publié le par Pétronille

Aujourd'hui, partons à la découverte des trésors de la gastronomie du quotidien au Québec, grâce à une incursion pétronillesque au coeur même de l'approvisionnement de la famille québécoise lambda : le sueprmarché du coin. Dans cette caverne d'Ali Baba culinaire, au péril de son intégrité physique et de sa dignité, Pétronille a enquêté pour vous, lecteurs.

Et vous dévoile aujourd'hui l'un de ses clichés, le premier, hélas, d'une série, qui laissera le lecteur ébahi, à n'en pas douter.

En effet, en bonne Française, Pétronille ne dédaigne pas un bon plateau de fromages, arrosé d'un bon verre de vin rouge. Lors du petit creux de 16 heures, elle ne crache pas non plus sur un morceau de Comté ou de Gruyère ("fromage suisse", comme on dit ici). Elle se plaît aussi à garnir sa salade de courgettes ("zucchini", comme on dit ici : autant améliorer un peu votre vocabulaire québécois en lisant ce blog, hein - bien qu'ici il s'agisse tout simplement du terme italien) ou son risotto de copeaux de Parmesan.

Il est temps de faire le deuil de cette époque bénie, car le fromage européen se vend ici en portions minuscules pour le prix d'un lot de 12 Camemberts chez nous. Un morceau de Parmesan gros comme un Babybel vous coûtera un oeil et vous y réfléchirez à deux fois avant de prévoir un risotto au menu du soir (de toute façon, vu le prix du vin blanc, le risotto est devenu lui aussi un repas de luxe, car on ne va quand même pas faire chauffer 30 dollars de vin).

Ainsi, tandis qu'au détour d'un rayon de supermarché Pétronille couve d'un oeil humide une part de Camembert soigneusement enrobée dans du film plastique (comme à peu près 95 % de la nourriture vendue en ces lieux), la ménagère québécoise, quant à elle, entasse dans son caddie des portions de Cheddar mou et orange (l'un n'empêchant hélas pas l'autre) - voire bicolore :



Mais lorsque l'envie vient aux Québécois - ou aux immigrants - de faire une petite folie, par exemple à l'occasion d'une fête ou d'une soirée entre amis, et qu'ils décident tout soudain d'investir dans un vrai fromage français, il leur est possible d'acheter ça :



Non, lecteur, tu ne rêves pas, il s'agit bien de Brie en conserve. Pratique pour stocker le fromage dans le cellier ou au fond du placard, empêche les odeurs fromagères de se disperser dans le frigo (avec risque de contaminer les stocks de viande à barbecue), prend peu de place dans le sac à dos pour les virées camping, le fromage en boîte n'est plus réservé aux navigateurs qui font le tour du monde en solitaire, mais il est à présent à la portée de tous, n'est-ce pas merveilleux ? Vous admirerez le packaging bleu, blanc, rouge, gage de l'authenticité de la chose.

Malgré son dévouement à son lectorat bien-aimé, Pétronille n'est pas allée jusqu'à acquérir l'une de ses boîtes et ne sait donc pas comment se présente le fromage à l'intérieur. Toutes les hypothèses sont donc permises. Flotte-t-il dans un fond de jus de Brie ? Ou la part de Brie est-elle enroulée sur elle-même ? Ou encore se présente-t-elle comme un bloc de thon tout rond ? Je remercie à l'avance le lecteur courageux qui transmettra l'information.

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Au terme de cet article il me faut tout de même préciser qu'à côté des aberrations vendues en supermarché et qui hérissent quelque peu les amateurs de bonne bouffe, les Québécois font du très bon fromage local
.

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clémentine 26/08/2009 12:58

eh bien moi, je suis d'avis de lancer une souscription et de t'envoyer (désolée, moi je tutoie naturellement, dis-moi si ça te choque, je ferai un effort)de quoi acheter ladite boîte de brie en conserve, histoire de ne pas mourir idiote :-)

Pétronille 31/08/2009 23:01


Il semblerait que ce genre de produit existe aussi en Belgique : ça te coûtera moins cher en frais de port (si tu testes, merci de me le faire savoir : je voudrais
bien ne pas mourir idiote, moi non plus...)


Yanka 17/08/2009 22:02

Les fromages sont chers, c'est vrai, mais les salaires québécois nettement plus élevés qu'en France. L'eau est gratuite, l'électricité est presque donnée, l'essence presque moitié prix moins chère...

Il y a tout de même des supermarchés mieux fournis que d'autres quant aux produits dits européens (Métro, par exemple). Visez aussi les petits supermarchés dits « Quatre saisons » et les fermes.

Les camemberts en boîte ? J'en ai déjà vu en Belgique. Soyez honnête : on trouve juste à côté toutes sortes de camemberts bien français (au lait cru) et des bries à volonté, du roquefort, etc. Un peu chérots, nous sommes d'accord.

Le vin ? Vous ne savez pas encore que les vins français sont largement surestimés et que vous trouverez votre bonheur à prix raisonnables (plus chers qu'en France, c'est clair) avec des vins italiens, espagnols, portugais, argentins, etc.). Au moins ils ont du goût. Pour avoir un vin francais qui goûte qqchose, il faut au moins mettre 30$ au minimum.

Pétronille 31/08/2009 22:48


Effectivement, j'achète de bons produits, et surtout de beaux légumes pas chers (le fromage reste un luxe, quand même), dans les
épiceries de quartier, mais avouez que ce genre d'information est moins rigolote pour les lecteurs. Tout comme je fustigeais les travers parisiens ou suédois dans mon blog précédent, je relève
aujourd'hui au Québec de petites choses marrantes susceptibles de faire sourire ceux qui ont la gentillesse de passer me lire.


Au fait, le fait que le camembert en boîte existe aussi en Belgique est-il censé être rassurant ?



Godnat 13/08/2009 23:41

Je ne suis pas sure qu'on ait le droit ! A l'époque peut-être, ça date de plus de 30 ans...

Pétronille 15/08/2009 02:39



C'est bien ce que je pensais. Bon, voyons le bon côté des choses, ça m'évitera une lessive de vêtements parfumés au camembert.



la Mère Castor 30/07/2009 17:47

Bonjour la France, et bonjour l'odeur quand on ouvre la mystérieuse boîte. Les joies du marketing sont décidément impénétrables.

Pétronille 13/08/2009 22:56



Vous avez tout résumé en une phrase, chère Mère Castor. Ceci dit, je n'ai pas eu le courage de tester l'ouverture d'une telle boîte, son contenu restera donc un
mystère.



Godnat 29/07/2009 14:29

Je me souviens des valises où l'on mettait en dernière minute chèvres, camembert, chaume pour le régal de ma soeur. Même bien emballés, il n'y avait plus qu'à laver le linge en arrivant.

Pétronille 13/08/2009 22:55



Arrêtez, vous me faites saliver...! Et espérer, aussi, car je pensais qu'on n'avait pas le droit de faire entrer ce genre de petites merveilles sur le territoire
(j'espérais me faire envoyer un morceau de lard paysan par la Poste mais j'ai dû y renoncer) : vous m'ouvrez des horizons.