Où il est prouvé que brushing et métro ne font pas bon ménage

Publié le par Pétronille

Le métro est une formidable invention qui permet de se déplacer rapidement, sans avoir à pester dans les bouchons (ni à respirer les gaz d’échappements, dans le cas d’une furieuse envie de se muscler les mollets au cours d'une balade à vélo). Qui plus est, le fait qu'il se trouve sous terre est particulièrement appréciable lorsqu’on vit au Québec, où, on vous l’a dit et répété, les hivers sont rudes (c'est la phrase que tout immigrant français entend environ 2000 fois avant de partir et 2000 autres fois une fois sur place, autant vous entraîner dès maintenant à prendre un regard légèrement inquiet - mais pas trop - puis à afficher un air entendu de Français qui en a vu d'autres et qui ne craint pas les grands froids). Prévoyants, les Québécois ont creusé sous la ville des tunnels bétonnés, dont l'architecture les situe quelque part entre le blockhaus allemand et la BNF.

Mais juge plutôt de tes propres yeux, lecteur bien-aimé :



Une fois que tu as pénétré dans les entrailles du métro montréalais, lecteur, il te faudra faire montre d’un courage à toute épreuve pour résister à la tentation de te jeter sous les rails pour cause de gros coup de blues lié à l’ambiance quelque peu glauque du lieu. Mais même si, hermétique aux plafonds bas et gris, tu parviens à ne pas te laisser démoraliser, tout danger n’est pas écarté pour autant, car il y règne une chaleur moite, sans air, qui t’oblige à ôter presto tous les vêtements que tu portes sur toi (cela est valable en hiver, bien sûr, mais aussi en été car si tu as passé la journée à la Bibliothèque Nationale, où la climatisation porte l'air à environ 12 degrés celsius, tu auras pris soin de mettre des chaussettes en laine et des gants).

Si, décidément résistant (peut-être es-tu l’Elu ?), tu ne fais pas mine de t’évanouir sous la chaleur, il te reste une ultime épreuve : celle du ventilateur géant. Oui, lecteur, n’ouvre pas ces grands yeux étonnés, tu as bien lu : le ventilateur géant. Tiens, je l'écris une fois encore, et en détachant les syllabes, pour que tu sois bien sûr d'avoir lu correctement : le ven-ti-la-teur gé-ant. Il se trouve que la ligne verte du métro montréalais est équipée de ces engins étranges, qui servent à la climatisation. Au plafond de chaque wagon, juste au-dessus de l’endroit où les gens se tiennent gentiment debout en attendant que ça passe, et en faisant mine de ne rien remarquer, se trouvent 3 énormes ventilateurs qui soufflent (bruyamment) un air tiédasse qui vous ébouriffe la chevelure la mieux lissée au monde.

Et je prouve mes dires :

Etonnant, non ?

La lectrice à qui rien n'échappe fera le parallèle avec une scène du Journal de Bridget Jones (hé oui, Pétronille connaît ses classiques), dans laquelle l'héroïne, se prenant pour une actrice italienne, se coiffe d'un foulard pour partir en balade en cabriolet, pour finalement arriver à l'hôtel les cheveux totalement emmêlés par le vent. C'est un peu ce que vit la Montréalaise au quotidien, entrant dans le métro coiffée ainsi :


Et lorsqu'elle s'en extirpe après avoir passé 20 minutes sous la soufflerie, non seulement elle frise la pneumonie (si elle y a échappé à la bibliothèque), mais en plus elle ressemble plutôt à cela (la conjonctivite en plus) :


Aussi, amie lectrice, suis mon judicieux conseil : si tu dois prendre la ligne verte pour te rendre à un rendez-vous (professionnel ou galant), pense à emporter (outre une petite laine et des gouttes pour les yeux) peigne, lisseur, gel, démêlant, bref le parfait attirail du petit coiffeur. Non, ne me remercie pas, c’est tout naturel.

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